Pourquoi une nouvelle conférence sur la Politique spatiale européenne ?
1 - L’achèvement des deux grands programmes spatiaux déjà lancés par l’Union européenne - le système de radionavigation Galileo et le système de surveillance de la Terre GMES (Global Monitoring for Environment and Security) - ainsi que le développement rapide de vaste potentiel d’applications et de services est primordial.
Il s’agit d’enjeux cruciaux pour l’Europe, son environnement, son climat et sa sécurité, mais aussi de bénéfices considérables et concrets pour les citoyens et la société civile, les services publics, la compétitivité des entreprises, etc.
2 - Beaucoup d’utilisateurs potentiels et de responsables publics ignorent ou sous-estiment encore les bénéfices tangibles, variés et étendus que ces moyens spatiaux peuvent apporter dans un grand nombre de domaines: agriculture, transports, télécommunications, audiovisuel, énergie, activités financières, géolocalisation, urbanisme, travaux publics, protection civile, sécurité et défense, etc. Et leurs besoins ne sont pas toujours connus du monde de la recherche technologique, du monde industriel et de la sphère politique.
Trois sessions thématiques seront, à cet effet, dédiées à éclairer l’immense champ des applications du spatial et leur utilité pour les politiques publiques comme pour les citoyens (voir onglet Programme).
3 - Du chemin reste à faire pour atteindre les objectifs assignés à la Politique spatiale européenne par le Traité de Lisbonne.
Au jour de l’ouverture de la Conférence, le bilan des progrès accomplis ne sera pas ténu :
- le signal « Safety-of-life » du service européen EGNOS a été validé le 2 mars 2011 pour son usage par l’aviation,
- le 4 avril 2011, la Commission a adopté sa Communication « Vers une stratégie spatiale de l'Union européenne au service du citoyen » désormais en débat au Parlement européen sur base du rapport du député Aldo Patriciello
- et, sur le plan industriel, les avancées des programmes Galileo et GMES sont réelles (cf. encadré).
Cependant, ces deux derniers programmes-clés se trouvent actuellement à un tournant important de leur développement qui donne toute sa pertinence à ce rendez-vous spatial des 8 et 9 novembre, à Bruxelles :
- Parce qu’en raison de la profonde crise économique et financière qui a secoué les Etats membres de l’UE, des incertitudes entourent les conditions de financement des investissements encore nécessaires pour permettre le passage de Galileo et de GMES à leur phase opérationnelle et pour les soutiens financiers à apporter au développement des applications et des services.
- La Commission européenne a proposé au Conseil des ministres et au Parlement d’inscrire dans les budgets 2014-2020 de l’UE les crédits nécessaires pour achever le programme Galileo dans les temps, donnant à l’industrie la visibilité et la sécurité indispensables, mais elle a sorti le financement du programme GMES de ce projet de Cadre financier pluriannuel et l’a laissé au soin d’un accord intergouvernemental aux contours encore vagues.
- Parce des décisions importantes sur les plans opérationnel mais aussi politiques sont à prendre par les responsables européens, que ce soit pour établir une claire gouvernance des programmes et des infrastructures spatiales, pour achever le déploiement de Galileo (derniers appels d’offres à lancer et derniers contrats à conclure, en particulier pour la fabrication de satellites et pour leurs lancements), pour donner un cadre juridique européen à GMES ou encore pour arrêter les prochaines étapes de la participation de l’UE à l’exploration de l’espace.
Le succès des trois éditions précédentes confirme la pertinence de ce grand rendez vous des 8 et 9 novembre qui permettra:
- aux industriels de toute la chaîne spatiale et aux utilisateurs potentiels d’entendre et d’interroger de vives voix les décideurs politiques européens sur l’avenir de la Politique spatiale de l’UE et, pour l’immédiat, sur le devenir des grands projets Galileo et GMES;
- aux participants l’occasion d’être encore mieux informés des applications et services déjà disponibles, de prendre connaissance des expériences réussies et d’exprimer leurs besoins;
- d’encourager les décideurs politiques européens et nationaux, face aux attentes de la société civile, des responsables publics et du monde industriel, à prendre rapidement les décisions qui s’imposent pour permettre à l’Europe de répondre à ces impératifs.
Galileo : les six « segments » du Programme sont désormais répartis entre les entreprises européennes et sont soit en chantier soit en cours d’achèvement ; à l’ouverture de la Conférence le lot « segment spatial » aura sans doute fait l’objet d’un nouvel appel d’offres pour ajouter aux quatorze satellites confiés en janvier 2010 à la société OHB System AG (Allemagne) et tendre ainsi vers la complétion de la constellation de trente satellites ; enfin, les deux premiers des quatre satellites de développement et de validation en orbite (IOV) fabriqués par Astrium GmBH (Allemagne) devraient se trouver en orbite depuis quelques jours seulement, leur lancement par une fusée Soyouz partie de la base spatiale européenne de Kourou étant prévu le 20 octobre.
GMES : le Programme européen de surveillance de la Terre est en voie de dépasser la phase de R&D pour entrer dans celle de la mise en œuvre progressive de services opérationnels qui devrait normalement s’achever en 2014 et qui ont fait l’objet de cinq projets lancés par la Commission européenne, en partie financés jusqu’ici par son 7ème Programme-cadre de recherche (FP7) : Geoland2 (Service sol), MyOcean (Service Marine), SAFER (Service traitement de l'urgence), MACC (Service pilote atmosphère) et G-MOSAIC (service pilote sécurité). Quant au segment spatial, ont déjà fait l’objet de contrats alloués aux entreprises européennes : deux satellites Sentinels 1 conçus pour des missions optiques haute résolution, un Sentinel 2 destiné à la surveillance des glaces la gestion des catastrophes naturelles, l’occupation des sols, la surveillance des forêts et l’aide humanitaire, et enfin, deux Sentinels 3 qui seront utilisés pour l’océanographie et la surveillance du couvert végétal.












